“Il n’y a pas de mal a manger de la viande”

la febev veut mieux informer le consommateur

Michael Gore, administrateur délégué de Febev: “Le but du site web vlees.be est d'informer de manière transparente les consommateurs sur le secteur de la viande et sur nos méthodes de travail”
Michael Gore, administrateur délégué de Febev: “Le but du site web vlees.be est d'informer de manière transparente les consommateurs sur le secteur de la viande et sur nos méthodes de travail”

 

Les derniers chiffres de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, indiquent pour l'été dernier une légère baisse de la production mondiale de viande pour la deuxième année consécutive. Bien que cette situation s'explique surtout par la peste porcine africaine, la grippe aviaire et la Covid-19, la tendance à une alimentation plus végétale et aux alternatives au bœuf et au porc joue aussi un rôle. Michael Gore, directeur général de Febev, pense que pour inverser la tendance, il faut mieux informer le consommateur. Des actions concrètes sont mises en place, comme la création du site web vlees.be.

Michael Gore est le directeur général de Febev, la Fédération Belge de la Viande, depuis 2016. Avant cela, il a travaillé comme responsable de qualité dans une entreprise de transformation de la viande et a dirigé sa propre société de consultance pendant dix ans, spécialisée dans la mise en œuvre de systèmes de qualité et la résolution des problèmes de sécurité alimentaire. “Mon ambition, au fil du temps, était de transcender la relation individuelle typique dans le secteur de la consultance et de définir ce qui pourra aider tout un secteur à évoluer en parallèle d'une société de plus en plus complexe. Etre actif au sein d'une fédération, c'est le levier idéal pour mettre tout cela en pratique”, explique-t-il.

Que fait Febev?

Michael Gore: “Febev est la fédération professionnelle du secteur de la viande rouge. Nous sommes nés en 2004, de la fusion de deux autres fédérations. Aujourd'hui, nous représentons quelque 130 membres et opérons au niveau national. Ensemble, nos membres représentent plus de 95% des abattages dans le secteur porcin et un peu plus de 90% des abattages dans le secteur bovin. L'industrie alimentaire, et le secteur de la viande en particulier, se caractérise par un grand nombre d'intervenants. Les autorités, les organisations de défense des animaux, les instances politiques ... Nous engageons le dialogue avec eux afin de défendre nos propres intérêts. En outre, Febev canalise l'information pour ses membres et les aide à trouver des réponses à leurs questions ou des solutions aux problèmes qu'ils rencontrent. Febev gère également des systèmes de contrôle qui permettent aux entreprises de pénétrer certains marchés d'exportation. Il y a le cahier des charges Febev Plus, avec des exigences supplémentaires en fonction du marché national mais aussi allemand, ainsi qu'un guide d'autocontrôle adressé au secteur de la viande.”

Plus tôt cette année, vous avez lancé le site web vlees.be. Est-ce aussi pour défendre vos propres intérêts?

“Le site web est une initiative du secteur belge de la viande: Febev, Fenavian, ABS, Boerenbond, BFA et le Landsbond der Beenhouwers. Ce sont tous des acteurs concernés, mais les informations figurant sur le site Web ont été testées scientifiquement. Nous voulons donner un aperçu clair et transparent des informations qui circulent aujourd'hui sur les réseaux sociaux, par exemple. Cela n'échappe à personne, notre secteur est confronté à de nombreuses idées fausses. Aujourd'hui, il existe tellement plus de canaux de communication et de moyens d'obtenir des informations que les consommateurs n'arrivent plus à distinguer le vrai du faux. Ces dernières années, notre secteur a été plusieurs fois mis sous les feux de la rampe, voire considéré comme à l'origine de tous les maux. Il a fait les frais de fake news et de cas de cadrage. Au final, je pense que l'image transmise au consommateur est tronquée et n'est plus en phase avec la réalité. L'objectif principal du site est d'informer les gens sur notre secteur et sur notre façon de travailler. En outre, il met en avant les nombreux efforts déployés au sein du secteur au travers de plusieurs thèmes dévelopés plus en profondeur. En fait, notre rôle en tant que fédérations est aussi d'informer les consommateurs. Ce site Web en est donc un bon exemple. On pourrait se dire que c'est un peu peine perdue, mais cela impliquerait qu'il s'agit d'une cause perdue, et ce n'est pas le cas.”

Avez-vous des exemples concrets de préjugés que vous espérez balayer par ce biais?

“Nous voulons avant tout rééquilibrer les discours. La débat santé concernant la consommation de viande rouge et de charcuterie en fait partie. Les chercheurs impliqués dans l'étude du CIRC de 2016 ont indiqué par la suite que la communication concernant la viande rouge a été complètement sortie de son contexte. En fait, c'est une question de gestion des risques et d'équilibre dans les habitudes alimentaires. Si vous mangez un steak de 200 g tous les jours, vous risquez davantage de développer une maladie cardiovasculaire. Tout comme ceux qui adoptent un régime végétalien à un âge plus avancé courent un plus grand risque de développer des carences en minéraux ou en vitamines, et peuvent donc développer certains schémas de maladies. Dans les deux cas, il faut se concentrer sur l'importance d'une alimentation équilibrée et, surtout, sur l'information en matière d'alimentation tout court. Les denrées alimentaires contiennent de nombreux éléments constitutifs différents. La viande compte parmi ces aliments qui contiennent un grand nombre de ces éléments de base essentiels au corps humain. La durabilité est également un sujet brûlant. Dans cette optique, la Belgique investit depuis des années dans l'optimisation de ses processus d'élevage. En fait, notre pays est l'un des leaders mondiaux en la matière. Cependant, les chiffres globalisés ne laissent que peu entrevoir nos efforts à l’échelle locale. Et je suis convaincu que nos connaissances et notre savoir-faire dans ce sens pourraient apporter une grande valeur ajoutée pour autant que le public accepte de nous entendre. D'autre part, les pays tiers doivent également s'engager dans l'amélioration de leurs modèles de production.”

Pour toutes ces raisons, l'industrie belge de la viande fait l'objet de vives critiques et de plus en plus de personnes optent pour une alimentation alternative. Le secteur a-t-il encore un avenir et comment se profile-t-il, selon vous?

“Le secteur a un avenir, cela ne fait aucun doute! Cependant, les consommateurs doivent être mieux informés sur les produits que nous fabriquons et surtout sur la manière dont nous y parvenons. Les entrepreneurs de notre secteur sont des professionnels passionnés par leurs produits. C'est dommage qu'ils ne soient pas toujours appréciés à leur juste valeur. Il n'y a pas de mal à consommer de la viande. Cependant, les citoyens doivent comprendre que l'abattage d'un animal est une étape essentielle de la production de viande. Et qu’il n'existe pas d'abattage respectueux des animaux. En revanche, l'abattage dans le respect du bien-être des animaux existe.”

Site web vlees.be

Vlees.be est une initiative du secteur belge de la viande. L'objectif est de compiler des informations justes et transparentes provenant de tous les maillons de la chaîne. Ce site web informatif a été créé par le secteur et avec les ressources du secteur, et coordonné par le VLAM. Les visiteurs du site peuvent s'informer sur l'impact de la viande sur le climat et la santé, ou en apprendre plus sur la façon dont les agriculteurs prennent soin de leurs animaux, sur ce qu'ils font pour rendre leurs processus plus durables et sur le parcours de la viande de la ferme à l'assiette.

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