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UN ASSORTIMENT TOUJOURS PLUS VARIE DE BIOPLASTIQUES

Le prix et la confusion entre les noms freinent le lancement sur le marché

Les grandes marques utilisent déjà des emballages bio. Elle peuvent donc accélerer leur introduction
Les grandes marques utilisent déjà des emballages bio. Elle peuvent donc accélerer leur introduction
Toute personne concernée par le concept de durabilité s'intéresse à la nature de l'emballage de ses produits, au même titre qu'à leur production. “Les bioplastiques offrent une alternative écologique aux emballages traditionnels, puisqu'ils sont compostables ou produits à partir de matières premières renouvelables, ou même les deux. Cependant, ils sont plus chers que les matériaux classiques, et des études sont encore nécessaires pour que les bioplastiques présentent les mêmes propriétés", explique Peter Ragaert de Pack4Food. A l'échelle du consommateur, il reste encore beaucoup à faire, mais une chose est sûre, les bioplastiques connaîtront leur heure de gloire.

GLISSEMENT

Peter Ragaert, Pack4Food
Peter Ragaert, Pack4Food
Le prof. dr. ir. Peter Ragaert travaille comme chef de projet chez l'ASBL Pack4Food, qui stimule l'innovation dans le secteur des emballages alimentaires et soutient les entreprises dans leurs défis relatifs aux emballages. Les bioplastiques attirent de plus en plus leur attention, et ont fait l'objet de deux projets d'étude sur leurs propriétés-barrière et leur résistance à la chaleur, en collaboration avec des entreprises et des organismes de recherche, et avec le soutien du VLAIO. “Les emballages prennent de plus en plus d'importance puisqu'ils ont des fonctions toujours plus variées par rapport au produit, mais génèrent aussi énormément de déchets. Malgré les nombreux efforts consentis pour transformer ces déchets, avec les systèmes de recyclage par exemple, les déchets s'accumulent encore dans certaines régions, ou font l'objet de dépôts sauvages le long des voiries. Tout le monde a bien conscience que les réserves de pétrole de la planète ne sont pas inépuisables, si bien qu'il faut impérativement trouver une alternative aux nombreux plastiques produits à partir de cette matière première. Par bioplastiques, nous entendons des emballages soit compostables, soit produits à partir de matériaux renouvelables, ou les deux", donne-t-il comme définition.
 
Du compostable au renouvelable

“En soi, rien de bien neuf sous le soleil, puisque les sacs en cellophane à base de fibre de bois ont été créés dans les années cinquante. Au début des années 2000, on s'est davantage intéressé aux emballages compostables, dans le but de réduire la production de déchets surtout. Dans la pratique, ces emballages n'ont été que peu compostés, et la première génération d'emballages compostables n'avait pas suffisamment de fonctionnalité et ne convenait pas un large assortiment de produits alimentaires. C'est pour cela qu'aujourd'hui on s'intéresse surtout aux emballages biobasés, c'est-à-dire produits à partir de matières premières enouvelables. Et si ils sont biodégradables en plus, c'est évidemment toujours bon à prendre, mais comme je le disais dans la définition, ce n'est pas une condition sine qua non", poursuit Peter Ragaert. “On effectue beaucoup de recherches sur ces matériaux biobasés et non biodégradables, et nous devrions voir leur volume augmenter sensiblement dans les années à venir."

 

EXEMPLES

Ce tray 100% dégradable, flexible et thermoformé est produit à partir de fibre de maïs
Ce tray 100% dégradable, flexible et thermoformé est produit à partir de fibre de maïs
Parmi les bioplastiques, nous retrouvons entre autres le PLA (polylactic acid) et le cellophane, à base de maïs et de fibre de bois. On trouve aussi des films thermoplastiques à base d'amidon extrait des eaux industrielles, comme les eaux de rinçage d'une entreprise de transformation de pommes de terre. “On observe un nouveau phénomène, celui des 'drop-ins': des matériaux biens connus à base de matières premières renouvelables. Nous avons, par exemple, le bio-PE ou le bio-PET, à base de canne à sucre au lieu du pétrole, mais qui présentent exactement les mêmes caractéristiques que le PE ou le PET. Ils offrent l'avantage d'avoir les mêmes propriétés et applications. Et voilà ce que nous avons de plus récent", explique Peter Ragaert. “Parmi les exemples les plus récents et prometteurs, nous avons le PHB, ou polyhydroxybutyrate, un polymère qui détruit les bactéries dans leurs cellules. Il y a aussi le PEF, ou polyéthylène furanoate. Il s'agit d'un nouveau polymère à base de sucre. D'ici 2019, nous devrions voir les premières bouteilles PEF en alternative aux bouteilles PET."
 
 
 
 


PRODUT ET EMBALLAGE TOUJOURS DANS LE MEME SAC

Un emballage en bioplastique n'est qu'une seule façon de durabiliser la production, et les matières premières et/ou le type de traitement des déchets n'en sont qu'un aspect. “Un emballage biobasé ou compostable n'est par définition pas le meilleur choix. L'emballage est toujours à percevoir au service du produit, on ne peut dissocier les deux", explique Peter Ragaert. “On peut aussi envisager un emballage moins épais, ce qui réduirait la masse de déchets et contribuerait donc aussi à la durabilité. Mais un emballage durable ne doit évidemment pas entraîner plus de déchets alimentaires, à cause d'une moins bonne production du produit. Il faut donc trouver l'équilibre optimal entre les bons matériaux d'une part et les bonnes quantités d'autre part. Une question qui taraude de nombreux fabricants et distributeurs actuellement."

DEFIS

Prix
Le carton comme la fermeteure de ce carton de lait sont en bio-PE, à base de canne à sucre
Le carton comme la fermeteure de ce carton de lait sont en bio-PE, à base de canne à sucre
Les avantages des bioplastiques pour l'industrie alimentaire sont très clairs: il s'inscrivent dans une politique durable. Le revers de la médaille, c'est que ces produits durables sont beaucoup plus chers que les emballages traditionnels. “Les machines de conditionnement exigent un minimum de réglage, donc cet investissement est limité. Le prix des matériaux en tant que tels sont deux à quatre fois plus élevés. Reste donc la question de savoir comment répercuter cette hausse des prix, et si le consommateur est prêt à mettre la différence. Si non, le prix à l'unité peut être réduit en augmentant le volume, en produisant plus de tonnages donc. Et c'est impossible de dire si les choses se feront ainsi. Pour les géants comme TetraPak, Coca-Cola et Mars, les bioplastiques sont clairement au programme, et ils serviront de catalyseurs pour l'introduction sur le marché des emballages bio." 
 
 

Fonctionnalités

Un film pour l'emballage du beurre et de la margarine à base de PE biobasé et de charge naturelle
Un film pour l'emballage du beurre et de la margarine à base de PE biobasé et de charge naturelle
“Les fonctionnalités de ces nouvelles alternatives freinent aussi leur percée, comme le PLA, la cellulose, ou l'amidon dont les performances laissent encore parfois à désirer", poursuit-il. “Leur perméabilité, leur flexibilité, leur solidité, leur résistance à la chaleur, … tout fait l'objet d'études depuis longtemps. Nous avons bien progressé en combinant différents matériaux bioplastiques, comme la cellulose/l'amidon ou le PLA/l'AlOx. Un projet précédemment réalisé par Pack4Food a permis d'utiliser ces matériaux dans le cadre d'applications MAP. Nous avons donc des solutions sous la main, et de nouvelles avancées devraient permettre d'étendre l'utilisation de ces produits", souligne Peter Ragaert.

Label

Le professeur conclut ensuite sur la nécessité d'un label clair et uniforme à destination du consommateur afin qu'il sache qu'il utilise n sac compostable ou renouvelable, et surtout qu'il sache quoi en faire.

 

CONCLUSION

Peter Ragaert voit clairement un avenir à ces nouveaux bioplastiques, mais actuellement, les prix élevés, et des propriétés encore insuffisantes parfois freinent leur développement, à l'instar de la communication à destination des consommateurs. Ce sont donc les priorités de la recherche actuellement. “Si au-delà de leur caractère, ces matériaux biobasés peuvent apporter une réelle valeur ajoutée, cela accélérerait de suite leur introduction sur le marché. Je pense notamment à une plus grande facilité d'utilisation, à la bonne combinaison entre produit et emballage. Pour la restauration fastfood, ce serait vraiment pratique d'avoir toujours des emballages compostables. Si les matériaux biobasés parviennent à développer des propriétés supplémentaires aux matériaux classiques, cela représenterait aussi un gros avantage."

Photos: European Bioplastics e.V., Kuraray, Segers & Balcaen

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