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SOYEZ VIGILANT POUR LA MIGRATION DE L'HUILE MINERALE DANS LES ALIMENTS

Pack4Food propose des solutions

Y a-t-il un revers à la médaille du recyclage? L'encre sur l'imprimé qui est transformé en carton recyclé, peut contenir des huiles minérales. Si ce carton recyclé est utilisé pour l'emballage d'aliments, les composants volatils des huiles minérales peuvent migrer dans l'aliment, ce qui entraîne d'éventuels risques pour la santé. “Un problème connu, mais un cadre légal à ce sujet fait encore défaut pour l'instant. Toutefois, les chefs d'entreprise s'en soucient et on cherche activement des solutions, souvent sous l'impulsion des clients", confie le dr. ir. An Vermeulen, project manager chez Pack4Food.

 

QU'EST-CE QUE L'HUILE MINERALE?

Les huiles minérales ont par définition une origine non végétale. Il s'agit d'un mélange complexe d'hydrocarbures très différents. Au fur et à mesure que ceux-ci contiennent davantage d'atomes C, un plus grand nombre de molécules différentes peut être formé.

 

MOSH et MOAH

An Vermeulen, project manager Pack4Food
An Vermeulen, project manager Pack4Food

“Bien que les différents composants ne se différencient pas clairement par des techniques chromatiques, on établit bel et bien une distinction entre d'une part MOSH et d'autre part MOAH. Ce qui complique encore l'analyse du reste, c'est l'interférence possible avec les hydrocarbures naturels dans les aliments", affirme le dr. ir. An Vermeulen, project manager chez Pack4Food, un consortium d'instituts de recherche et d'entreprises. “Parmi la première fraction, 'mineral oil saturated hydrocarbons', nous comptons toutes les liaisons saturées. La seconde fraction, 'mineral oil aromatic hydrocarbons', comprend toutes les liaisons aromatiques. Elles diffèrent en toxicité: on admet que les MOAH sont cancérigènes et que les MOSH sont moins toxiques, bien que ces derniers s'empilent dans notre tissu adipeux et favorisent les tumeurs. La toxicité n'est pas encore connue totalement, précisément parce qu'il s'agit d'un tel nombre de molécules différentes."

 

QUELLE EN EST LA PROVENANCE ET COMMENT CELA ABOUTIT-IL DANS NOTRE ALIMENTATION?

Il existe trois sources de contamination dans la chaîne alimentaire: l'agriculture, la transformation et l'emballage. Dans les deux premiers cas, nous devons par exemple songer aux gaz d'échappement des véhicules ou à l'infiltration des fuites d'huile lubrifiante des machines agricoles ou de processus. Naturellement, Pack4Food examine surtout cette dernière étape dans la chaîne de processus.

“Les emballages alimentaires sont imprimés essentiellement avec des encres exemptes d'huile minérale depuis quelques années. Dans le secteur graphique également, on utilise surtout des encres contenant de l'huile minérale, car celles-ci sont moins chères et vous pouvez imprimer plus vite. Ce travail d'impression aboutit dans le flux de recyclage pour le traitement en carton recyclé et ce carton peut être utilisé pour l'emballage des aliments, avec lesquels il est éventuellement en contact direct. De cette manière, les composants volatils du carton peuvent migrer dans l'aliment en l'absence de barrière fonctionnelle, ce qui peut comporter un risque réel pour la santé publique", avertit Vermeulen.

 

Exemples typiques

Les aliments qui y sont surtout sensibles, sont les produits secs avec un grand rapport surface/volume.

“Des exemples typiques sont les pâtes, les céréales, les fèves de cacao ou le riz. Les aliments transportés dans des sacs de jute peuvent aussi être contaminés au niveau des matières premières quand des plastifiants à l'huile minérale sont utilisés pour ces sacs. Parfois, l'environnement est aussi source de contamination quand les règles GMP et HACCP ne sont pas suivies au sens strict", confie le project manager.

 

“Avant tout, il faut proceder a une analyse des risques: a quel point une migration est realiste pour mon application?“

 

QUE DIT LA LEGISLATION?

Dans l'optique du commerce international, on a besoin de préférence d'une législation européenne harmonisée, mais elle n'existe pas pour le moment.

“L'Allemagne est le précurseur et a rédigé un 'draft' qui mentionne qu'il n'y a pas de limite MOSH et qui fixe la limite pour MOAH à 0,5 mg/kg d'aliment, et qui impose l'utilisation d'une barrière fonctionnelle. Attention: il s'agit de la concentration MOAH totale dans le produit fini, provenant de l'emballage, mais également de l'agriculture ou de la transformation“, confie Vermeulen. “Dans notre pays, l'AFSCA a fixé des seuils d'action - pas de limites - sur son site web en guise de valeurs de consigne servant de base pour les contrôles", poursuit-elle.

 

Le retail impose les règles les plus strictes

Chez nous, le législateur n'impose pas encore de limites, ni des sanctions.

“Toutefois, les gérants dans l'industrie des transformations alimentaires s'en soucient en tout cas, car les détaillants leur imposent bel et bien des règles strictes, qui vont souvent plus loin que la législation", ajoute encore Vermeulen.

 

QUELLES SONT LES SOLUTIONS?

Et donc, nous devons, d'après elle, chercher des solutions concluantes, mais aussi réalisables, aussi pour la contamination via l'emballage. Donc, pas d'interdiction générale sur l'utilisation des encres avec huiles minérales, ni un arrêt de l'utilisation du carton recyclé pour les applications alimentaires.

 

Barrière fonctionnelle

Ce papier-barrière convient au contact direct avec les aliments et empêche la migration des huiles minérales dans l'alimentation
Ce papier-barrière convient au contact direct avec les aliments et empêche la migration des huiles minérales dans l'alimentation

Une première option est une barrière fonctionnelle. Ceci peut être un sac intérieur-barrière autour des aliments ou un revêtement sur le carton. “Pour toute clarté, une telle barrière fonctionnelle ne signifie pas qu'elle ne peut rien laisser passer du tout, car ceci n'est souvent pas réalisable en termes de coût, n'est pas durable et n'est souvent même pas nécessaire.

En effet, la barrière doit être adaptée à l'application spécifique: sur le produit et les conditions de conservation. Une conservation à la température de congélation est naturellement une toute autre donnée qu'une longue conservation à température ambiante", explique le project manager.

 

Additif

“Par ailleurs, des emballages circulent aussi actuellement avec des additifs intégrés dans une couche intérieure du carton. Ceux-ci absorbent et retiennent les MOSH et MOAH. Leur action est basée sur le carbone actif ou un minéral naturel. Mais ils induisent, il est vrai, un coût supplémentaire", poursuit-elle.

 

Analyse des risques

“La seule bonne solution est de partir d'une analyse de risques: une telle barrière ou additif est-elle nécessaire pour mon produit et si oui, quelle doit être sa solidité? Il s'agit de chercher l'équilibre entre les risques pour la santé proprement dits d'une part et le coût et la durabilité d'autre part. Une évaluation difficile, mais nécessaire", conclut Vermeulen. 

 

Plus d'infos: www.pack4food.be

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