L'UE doit renforcer la transparence concernant le poisson en conserve
Étude : 71 % des conserves de poisson ne fournissent pas les informations essentielles sur leur origine

Rencontre à Bruxelles
Bart van Olphen, fondateur de la marque de poisson durable Fish Tales, présentera le 3 septembre à Bruxelles les résultats d’une nouvelle étude au commissaire européen chargé de la pêche et des océans, Costas Kadis. Il plaide en faveur de règles claires et uniformes concernant les informations sur l’origine des produits de la pêche transformés, à l’instar de ce qui s’applique déjà au poisson frais et surgelé.
Pourquoi la transparence est-elle importante ?
Pour le poisson entier ou en filets, la législation européenne impose l’indication de l’espèce, de la zone de pêche et de la méthode de pêche. Dès que le poisson est transformé, cette obligation disparaît. Cela pose problème dans une chaîne caractérisée par des flux mondiaux et des risques accrus de pêche illégale et de violations des droits de l’homme. Sans informations de base, le consommateur ne peut pas faire un choix éclairé et durable.
Méthodologie de l’étude
Le Future of Food Institute a analysé 202 produits (34 marques) provenant de supermarchés en Belgique et aux Pays-Bas. Pour chaque produit, il a été vérifié si trois éléments figuraient clairement sur l’emballage : le nom latin de l’espèce, la zone de pêche et la méthode de pêche.

Principaux résultats
- 71 % des produits ne sont pas suffisamment transparents ; seuls 29 % le sont (NL 33 %, BE 25 %).
- 37 % ne sont pas transparents (NL 43 %, BE 31 %) ; 34 % sont partiellement transparents (NL 24 %, BE 44 %).
- Nom latin de l’espèce : présent sur 65 % des produits (NL 58 %, BE 71 %).
- Zone de pêche: clairement indiquée dans 55 % des cas (NL 53 %, BE 56 %) ; un code FAO figure sur 59 % des produits, mais il est souvent insuffisamment compréhensible.
- Méthode de pêche : principale lacune, mentionnée dans seulement 48 % des cas (NL 50 %, BE 47 %).

Différences selon la marque et le poisson
- Les marques haut de gamme obtiennent les meilleurs résultats en matière de transparence (48 % jugées suffisantes), suivies des marques de milieu de gamme (20 %) (NL 41 %, BE 5 %) et des marques bon marché (29 %) (NL 10 %, BE 36 %).
- Les marques de distributeur sont plus souvent suffisamment transparentes que les marques de fabricants (35 % contre 26 %) et communiquent plus souvent des informations clés (espèce : 89 % contre 53 % ; méthode : 63 % contre 41 %).
- Par espèce de poisson : le saumon est celui qui présente le plus souvent une transparence suffisante (59 %), suivi des sardines (36 %), des anchois (31 %) et du thon (26 %).
- Les produits certifiés MSC sont environ deux fois plus souvent suffisamment transparents que les produits non certifiés (37 % contre 17 %).
Ce que les consommateurs remarquent actuellement
Les informations sont souvent fragmentées, par exemple sous la forme d’un simple code FAO, dans une autre langue ou dissimulées dans un numéro de lot à côté de la date limite de consommation. Cela rend l’origine difficile à déterminer dans la pratique, même lorsque les données sont techniquement disponibles.

Calendrier politique
La Commission européenne décidera plus tard dans l'année s'il convient de réviser les règles relatives à l'information des consommateurs. Une mise à jour pourrait combler la lacune actuelle en imposant aux produits de la pêche transformés les mêmes obligations de base qu'aux produits frais et surgelés.

Citation de Bart van Olphen
« Il est absurde que les producteurs puissent omettre des informations cruciales sur l’origine du poisson transformé. Chacun a le droit de savoir ce que contient la boîte et comment le poisson a été pêché. Cette étude montre que des étiquettes claires sont tout à fait réalisables. »
Conclusion
Près de trois conserves de poisson sur quatre en Belgique et aux Pays-Bas ne fournissent aujourd’hui pas suffisamment d’informations au consommateur sur l’espèce, l’origine et la méthode de pêche. Dans le même temps, près d’un tiers des produits en rayon prouve qu’une transparence totale est bel et bien possible. Des règles européennes claires et uniformes sont nécessaires pour passer d’efforts volontaires à un étiquetage honnête, compréhensible et vérifiable.