Nouvelle étude sur l'importance de l'eau pour l'économie flamande
VITO Knowledge Point Water : "Sans sécurité de l'eau, notre résilience économique s'étiole".
La Flandre est l'une des régions d'Europe qui manquent le plus d'eau. Au cours des huit dernières années, elle a connu six étés secs et deux graves inondations. Si l'on ajoute à cela les problèmes persistants de qualité de l'eau, la sécurité de l'eau est remise en question. La dernière étude sur l'importance économique de l'eau en Flandre confirme que l'eau restera une condition fragile et structurelle pour l'économie flamande, même en 2026.
Un quart des emplois
Les 15 secteurs qui consomment le plus d'eau fournissent un quart de tous les emplois. Ces secteurs créent plus de 70 milliards d'euros de valeur ajoutée brute. "Les nouveaux chiffres montrent clairement que la sécurité de l'eau est décisive pour le tissu industriel et pour la Flandre en tant que lieu d'investissement", déclare Dirk Halet, coordinateur stratégique du VITO Knowledge Point Water.
Cependant, les coûts de l'eau augmentent plus rapidement que l'inflation et l'eau de refroidissement reste un élément essentiel des processus industriels. "L'innovation devient la clé du renforcement de la sécurité de l'eau et de la résilience économique", souligne M. Halet. Les nouvelles données confirment que la Flandre se trouve à un point de basculement. Le gouvernement flamand le reconnaît également et continue de mettre en œuvre des mesures pour une Flandre résiliente à l'eau avec le Blue Deal (voir encadré).
Le Blue Deal flamand
Jo Brouns, ministre flamand de l'environnement et de l'agriculture : "L'eau est le nouvel or, comme le prouve cette étude. Nous sommes de plus en plus confrontés à de longues périodes de sécheresse ou à des périodes de précipitations abondantes. La Flandre doit s'y adapter. C'est précisément la raison pour laquelle le nouveau Blue Deal est l'un des fers de lance de la politique environnementale pour les années à venir. Nous nous concentrons sur des projets qui font la différence sur le terrain et qui nous permettent de conserver l'eau plus longtemps. Nous prenons également des mesures efficaces pour améliorer la qualité de l'eau en Flandre. C'est ainsi que nous apportons des réponses aux défis de demain d'un point de vue politique".
L'utilisation de l'eau de refroidissement révèle la vulnérabilité
Une tendance frappante est la résurgence de l'utilisation de l'eau de refroidissement. Après une forte baisse historique entre 2009 et 2015 (-43 %) due à la fermeture ou à la conversion des centrales électriques au charbon, l'utilisation augmente à nouveau depuis 2015, en particulier dans les secteurs de l'énergie et de la chimie. Les rivières plus chaudes et les normes thermiques strictes jouent également en défaveur du refroidissement industriel.
"Le refroidissement détermine de plus en plus la marge d'exploitation des installations industrielles", explique M. Halet. "L'avenir de la sécurité de l'eau industrielle dépend donc autant de l'innovation dans la technologie du refroidissement que de l'innovation dans l'épuration ou la réutilisation.
Les entreprises optent pour des sources alternatives
La consommation totale d'eau (y compris l'eau de refroidissement) a diminué de 22 % depuis 2009, principalement en raison de la réduction de la consommation d'eau de refroidissement. Toutefois, la consommation d'eau de traitement (eau nécessaire aux processus de production et à l'agriculture) a augmenté de 11 % (comparaison entre la période 2009-2011 et la période 2020-2022).
La consommation d'eau dans l'industrie est restée pratiquement stable. Dans l'agriculture, en revanche, on observe une nette augmentation. "En outre, nous constatons que l'utilisation de l'eau potable et des eaux souterraines diminue et que les entreprises misent davantage sur des sources d'eau alternatives, telles que l'eau de pluie et les eaux usées traitées", indique M. Halet. "La conversion est certainement positive, mais elle est insuffisante pour éliminer la vulnérabilité structurelle. Nous avons besoin d'innovation et de ressources pour accélérer la mise à l'échelle des flux d'eau circulaires, d'un pilotage par les données et de processus efficaces."
Les principaux consommateurs d'eau souterraine sont l'agriculture, le secteur alimentaire et l'industrie des boissons, qui représentent ensemble 68 % de la consommation totale d'eau souterraine. Les principaux consommateurs d'eau potable sont les secteurs de la chimie, du coke et des produits de raffinage, ainsi que l'industrie alimentaire. Ensemble, ils représentent 42 % de la consommation d'eau potable dans l'économie flamande.*
L'innovation, clé d'une transition réussie
Bien que le contrôle des prix puisse jouer un rôle dans la lutte contre le gaspillage, selon le VITO Knowledge Centre for Water, c'est surtout l'innovation qui est décisive pour la réussite des transitions. "Une politique de tarification peut donner une orientation", explique M. Halet, "mais elle ne permet pas de construire un système d'eau robuste. C'est pourquoi nous devons innover dans plusieurs domaines à la fois : en termes de technologie et de capacité, mais les modèles d'entreprise et les réglementations doivent également évoluer."
L'innovation est donc l'un des sept leviers stratégiques du "Blue Deal" flamand. L'innovation est donc l'un des sept leviers stratégiques du Blue Deal flamand, parmi lesquels la restauration naturelle et les solutions basées sur la nature, l'eau comme principe directeur dans les processus spatiaux et la sensibilisation à l'eau.
*Lesecteur de l'eau potable n'est explicitement pas inclus dans l'analyse de l'importance économique. Étant donné que les compagnies des eaux extraient de l'eau (eaux souterraines, eaux de surface) pour produire de l'eau potable qui est ensuite utilisée par d'autres secteurs, les chiffres d'utilisation du secteur de l'eau potable entraîneraient une double comptabilisation de l'utilisation de l'eau.
A propos de l'étude
L' importance économique de l'eau en Flandre est une mise à jour des études précédentes de 2022, 2018 et 2013 commandées par VITO Kennispunt Water. Les analyses ont été réalisées par VITO, l'institution flamande pour la recherche technologique, sur la base de sources de données provenant des gouvernements belge et flamand.